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V.3. LE QUAD HELIX
Selon certains auteurs (BELL et LECOMPTE, MAC NAMARA, GUGINO, LANGLADE), le Quad Helix aurait une action orthopédique. En effet, ils préconisent alors une activation maximale afin de minimiser les mouvements alvéolo-dentaires au profit des mouvements orthopédiques.
Ces auteurs ont démontré que l'action de Quad Helix était une combinaison de mouvements alvéolo-dentaires et squelettiques en proportions variables. Il existe une valeur minimale des forces capables de mettre en tension les tissus suturaux intermaxillaires et ainsi de stimuler leur croissance. Pour avoir une action orthopédique, l'activation initiale d'expansion doit être suffisante pour dépasser les capacités d'adaptation élastique du parodonte et solliciter l’ouverture de la suture médio-palatine (activation minimale : 6 mm).
Ainsi, lorsque le déficit transversal est majeur, l'activation impose une contraction importante de l'appareil lors de son insertion et les forces lourdes alors développées seront bien adaptées à la nécessité clinique d'effet orthopédique.
V.4. LES DISJONCTEURS
Contrairement à l'expansion transversale classique, la disjonction intermaxillaire est rapide et produit une ouverture de la suture intermaxillaire, comme LANZBERGER fut le premier à le monter radiographiquement.
Depuis un siècle d'utilisation, ce procédé a subi d'intéressantes modifications dans sa construction et son indication à travers les recherches d'auteurs tels que CHATEAU, HAAS, MURPHY, et bien d'autres l'ont prouvé.
V.4.1. Construction
Le dispositif de base, qui était le disjoncteur de HAAS (photo 6), comprenait 4 bagues et un vérin agencés de façon identique à celui d’HYRAX, cependant les bras homolatéraux du vérin étaient noyés dans de la résine acrylique prenant appui sur la voûte palatine. Pour HAAS, la stabilité et l’ancrage de l’appareil étaient ainsi améliorés.
La plupart des auteurs actuels s'accordent à reconnaître la nécessité de donner au dispositif un maximum d'aération de la muqueuse palatine en évitant sa compression.
Le dispositif le plus utilisé actuellement et le disjoncteur d’HYRAX (photo 7-7bis), constitué par la solidarisation de 2 (si patient jeune) ou 4 bagues reliées par des barres d'entraînement au vérin palatin. Ce vérin doit produire 1 mm d'expansion pour 1 tour complet.
Les bagues sont fixées sur les premières molaires et prémolaires permanentes ou lactéales.
L'ensemble du dispositif est scellé pour toute la durée de l'expansion.
V.4.2. Activation
L'activation se fait directement en bouche au rythme de 2 à 3 activations par jour. Il est conseillé de revoir le patient une fois par semaine pendant la disjonction qui peut durer jusqu'à 20 jours, selon les besoins et les difficultés rencontrées.
L'ouverture de la suture médiane peut de traduire dans les premiers jours par des douleurs à la racine du nez.
La période initiale du mouvement se traduit par une version corono-vestibulaire des dents, puis est suivie par une période secondaire d'ouverture de la suture caractérisée par l'apparition d'un diastème inter-incisif qui s'accentue au fur et à mesure de l'expansion.
HAAS a montré dans une étude céphalométrique sur 100 cas, qu'il avait obtenu une expansion moyenne de 4,1 mm à la fin du traitement et même parfois 10 à 11,5 mm d'expansion avec une augmentation de la largeur du plancher des fosses nasales et des bases maxillaires, facilitant ainsi la ventilation.
V.4.3. Déroulement clinique
* 1er jour : scellement de l'appareil et radio de contrôle.
* A partir du 2ème jour : activation prudente du vérin 2 à 3 fois par jour de ¼ de tour, à 5 ou 6 heures d’intervalle, ceci jusqu’à la sensation de tension mais non de douleur au niveau de la suture intermaxillaire, sous le nez.
* Vers le 4ème jour, le vérin se laisse tourner plus librement : la résistance suturale est vaincue. Le patient tournera le vérin encore de ¼ de tour, 3 à 4 fois par jour.
En 8 jours, l'expansion nécessaire est en générale obtenue.
Après un élargissement suffisant, le disjoncteur est laissé en place pendant au moins 3 mois, le temps de permettre l'ossification de la suture étirée. Selon HAAS, la régénération osseuse est terminée 90 jours après la fin de la disjonction.
Le diastème apparu entre les incisives se réduit et les incisives s'alignent presque toujours spontanément.V.4.4. Disjonction ultra-rapide
Elle a été mise au point par CHATEAU et KOLFF. Elle est réalisée avec une anesthésie locale, en quelques heures. Elle peut aussi s’effectuer sous anesthésie générale.
Elle n'est conseillée qu’avant 12 voire 10 ans.
Elle nécessite le même appareillage. Les bagues sont scellées 1 ou 2 jours avant l'intervention. On peut, en prévention, prescrire des anti-hémorragiques.
L'enfant est anesthésié et c'est le praticien qui tourne le vérin. Lors de l'activation, les trois premiers tours sont relativement aisés, mais il faut ensuite attendre un peu (5 min) avant de poursuivre l'activation jusqu’à la rupture de la suture (encore 1/4 ou 1/2 tour). Mais, le plus souvent, cette rupture se produit après l'activation, spontanément, pendant la nuit.
Cette méthode est rapide et peu douloureuse mais l'expansion intéresse surtout le groupe incisif et on estime à 40 % la récidive de l'expansion acquise.
Pour ta question de savoir quand commencer l'alignement (je pense que tu parlais des incisives) je t'ai modélisé une expansion, qui montre:
- qu'il est périlleux de déplacer des incisives s'il n'y a pas d'os reformé, de toutes façons elles se remettent en place spontanement
- que la participation de l'os du maxillaire à l'architecture de l'orbite explique de temps en temps l'apparition transitoire de diplopie chez certain patient.